Avenue Adrien Bayet

source: www.openstreetmap.org

L’avenue Adrien Bayet commence à l’avenue Stiénon, croise l’avenue Jean-Baptiste Depaire et finit avenue Rommelaere.

Aux origines.

Cette avenue fait partie du quartier « médical » tracé lors de la création du site de l’hôpital Brugmann mais dont la concrétisation date des années 1930. Il en est fait mention pour la première fois dans l’Almanach de 1936 et les premières maisons (Nos 5, 19 et 21) sont signalées dans l’édition de 1938.


En 1944, le quartier était encore bien champêtre (source: http://bruciel.brussels/#)

Mais qui était Adrien Bayet ?

Adrien Bayet est né à Bruxelles le 23 décembre 1863. Etudiant, il suivit l’enseignement de Paul Héger dans son laboratoire de physiologie. Il fut membre de l’Académie royale de Médecine de Belgique, Professeur à l’Université libre de Bruxelles, spécialiste en syphiligraphie et cancérologie et chirurgien honoraire des Hôpitaux de Bruxelles. 

L’Académie royale de Médecine de Belgique précise encore : « Parmi ses publications, les principales sont des travaux sur la circulation pulmonaire, sur la dermato-syphiligraphie, sur la l’extension de la lèpre en Belgique et au Congo, sur le radium, sur l’hygiène sociale et sur la maladie de Friedreich et hérédosyphilis ».

A titre d’exemple, citons «  La lutte contre la syphilis en Belgique. Son organisation. Ses résultats. » publié en 1920.

Il décéda à Bruxelles le 4 juillet 1935.

Bâtiments remarquables

Selon les services régionaux du patrimoine, il y a un bâtiment remarquable (Il n’est pas précisé dans quel sens) avenue Bayet. Il s’agit de la « Maison Moreau », maison d’habitation de style moderniste sise au n°11. Construite en 1951 par l’architecte Willy Van Der Meeren, elle a été reprise dans l’inventaire du patrimoine à protéger en 2006.
(source: www.irismonument.be )

Avenue Jean Baptiste Depaire

Jean-Baptiste Depaire est né en 1824. Pharmacien, il devint professeur à l’ULB en 1864, puis recteur de cette université en 1886. Il était aussi un expert chimiste auprès des Parquets. Il fut également conseiller communal à la Ville de Bruxelles et président de l’Académie de Médecine.

Il décéda à Bruxelles en 1910.

Avenue Thiriar

Jules Adrien Thiriar est né à Saint-Vaast (pas Saint-Vaast-la-Hougue dans le Cotentin, mais à La Louvière), le 24 mars 1846. Diplômé de l’ULB, il devint chirurgien à l’hôpital St-Jean puis professeur en 1891 à l’ULB. Il fut aussi conseiller provincial en 1878 puis député et enfin sénateur jusqu’en 1894.

Chirurgien, il publia plusieurs ouvrages dont le très plaisant De la pleurésie purulente chez les enfants.

Sa réputation lui a valu non seulement une avenue dans le quartier Houba mais aussi une allée dans l’hôpital Brugmann. Opinion favorable que ne partageait pas James Ensor : Jules Thiriar se retrouve en bonne place et unique personnage roux et avec une barbe sur le tableau Les mauvais médecins.

Il est décédé à Uccle le 29 juin 1913.

Avenue Lieutenant-Général Baron Armand De Ceuninck

Si vous habitez cette avenue, vous ne devez pas recevoir beaucoup de cartes postales : avec un nom pareil, il ne reste plus de place pour écrire l’adresse!

Né le 27 mai 1858 à Malines, ce cher Armand est nommé général-major en septembre 1914, juste à temps pour commander les troupes chargées de couvrir le flanc sud de l’armée refluant vers l’Ouest lors du siège d’Anvers. En 1915, il est lieutenant-général et commandant de la 6e division d’armée et en 1917, il s’illustre lors de la deuxième bataille d’Ypres au cours de laquelle furent utilisés pour la première fois des gaz asphyxiants. En 1917, il se voit confier le portefeuille de la Guerre, poste ministériel qu’il occupe jusqu’au 22 novembre 1918, quand l’ensemble du gouvernement démissionne. Il part alors commander les troupes belges d’occupation de l’Allemagne.

Il décède le 12 avril 1935 à Bruxelles.  

Boulevard de Smet de Naeyer

Il y avait jadis un chemin, le Jetse Wegel, qui reliait le quartier de la rue Medori (arrière de l’ancienne caserne des Carabiniers, devenue Ecole des Cadets, puis, aujourd’hui école européenne) à Jette. La rue des Robiniers, qui va du domaine royal au pont colonial, et le bd de Smet de Naeyer, qui va du pont colonial à la chaussée de Jette, en reprennent le tracé.

La fin du boulevard de Smet de Naeyer et le pont colonial avant 1914 (collection Belfius)

C’est Léopold II qui souhaitait la création de cette artère mais il faut attendre la fin de 1895 pour que la décision soit prise. Ce boulevard fait partie du boulevard de grande ceinture traversant la partie ouest de la capitale et imaginé par Victor Besme dans son Plan d’ensemble pour l’extension et l’embellissement de l’Agglomération bruxelloise datant de 1866.

Lors de sa création, il commençait à l’avenue Sobieski (à l’époque, bd Bockstael) et son tracé ne fut achevé qu’en 1909, sur Laeken, et en 1910 sur Jette où il prit ne nom d’avenue de Smet de Naeyer, avec une nouvelle numérotation…

Ce n’est qu’au lendemain de la Première Guerre Mondiale que l’ensemble fut unifié, portant le même nom de boulevard et avec une numérotation continue commençant à la chaussée de Jette.

Sur Laeken, les premières maisons apparurent entre 1905 et 1914. L’almanach du commerce mentionne le boulevard pour la première fois dans son édition de 1907, donc sur base de la situation constatée fin 1905 – début 1906. Dans cette édition, une seule maison est habitée, le n°19 (actuellement probablement le n°635) par un certain L. Chevalier, rentier de son état. Trois maisons sont construites au-delà de l’avenue Houba de Strooper (n°27 à 31) mais elles sont encore inoccupées. L’année suivante, un premier équipement essentiel apparaît au coin du boulevard et la rue Wauters (qui s’appelait encore – la rue, pas le peintre – Fransman) : la Brasserie de l’Etang. Ce café existe toujours et s’appelle Le Régent.

L’ancienne Brasserie de l’Etang, actuellement Le Régent

Quelques bâtiments remarquables

A l’angle de la rue Salu et du boulevard, au n°523, nous trouvons une villa construite en 1923 par l’architecte Alphonse Groothaert qui fut aussi l’architecte, notamment, des n°583-585, plus loin sur le boulevard, ainsi que du parvis de N-D de Laeken.

Villa n° 523 Bd de Smet de Naeyer

Le n°557 est une maison bourgeoise de style Art Déco construite par l’architecte Mergam en 1929. Cet architecte n’a rien à voir avec le politicien libéral bruxellois Désiré Joseph Mergam qui, pour les élections législatives à la fin des années ‘60, avait choisi comme slogan : Pour de meilleurs trams, votez Mergam.

557 bd de Smet de Naeyer

Le n°559 est une autre maison de style Art Déco, construite en 1932 par l’architecte J. Vermeersch. Il est également l’architecte d’une petite vingtaine de maisons et d’immeubles repris au patrimoine régional.

n°559

Le n°570, que tout le monde connaît tant il est imposant, est un hôtel particulier de style « Beaux-Arts », construit en 1930 par l’architecte Emile Lambot et remanié en 1962 par Albert Degand pour servir de siège à l’Archevêché de Malines-Bruxelles. L’archevêque, Mgr Suenens, en fit sa résidence. Il était auparavant habité par un industriel (d’après l’Almanach de 1960)

n°570

Au n°579 , nous trouvons la maison que l’architecte Fernand Brunfaut s’est construit en 1913. Ce tronçon de boulevard entre l’avenue Houba et la rue Salu fut, à ses débuts, un fief Brunfaut. Jugez plutôt : Les maisons des n° 532, 536, 538, 540, 558 et 579 ont été construites et/ou habitées par un Brunfaut.

n°579

Fernand Brunfaut a aussi participé à la construction de l’ancienne imprimerie du journal « Le Peuple », rue St-Laurent (avec son fils Maxime), de différents ensembles de logements sociaux et de cités jardins comme celle de Moortebeek ou de La Roue. Il est aussi l’architecte de la maison n°42 rue de Laubespin.

Un petit mot au sujet de F. Brunfaut, né à Neffe-Anseremme en 1889 et décédé à Bruxelles en 1972.

Il ne fut pas seulement un architecte réputé et un socialiste militant. Il fit aussi une carrière politique : conseiller communal à Laeken, puis à Bruxelles après l’annexion de Laeken, de 1911 à 1958, il fut échevin des Travaux publics de 1914 à 1921, puis conseiller provincial du Brabant de 1921 à 1925 et enfin député de 1925 à 1961.

Le n°581 est une maison unifamiliale réalisée par Edgar Demarteau en 1913. Vous ne connaissez pas Edgard Demarteau ? Moi non plus et je n’ai rien trouvé sur ce personnage.

Autre immeuble connu de tous, le n°583-585 : Cette imposante double maison réalisée en 1911-1913 par Alphonse Groothaert, est une maison d’habitation et un atelier d’artiste occupée au début (1914) par le sculpteur D. Jacobs et le statuaire Desmarez

Mais venons en à celui qui a donné son nom au boulevard.

Comte Paul De Smet de Naeyer

Paul de Smet de Naeyer (source: wikipedia)

Paul de Smet de Naeyer est né à Gand le 13 mai 1843 dans une riche famille d’industriels du coton. Il décède à Bruxelles le 9 septembre 1913. Il reprendra les activités familiales, puis se retrouvera banquier à la tête de la Société Générale de Belgique avant de se lancer en politique. En 1886, il est élu député catholique et devient ministre. En 1888, il est nommé premier ministre mais son cabinet est rapidement emporté par la question du suffrage universel. Il revient aux affaires comme premier ministre en 1896 et le restera jusqu’en 1907. Il a été un soutien indéfectible de la politique coloniale et de modernisation des infrastructures belges de Léopold II. C’est la raison pour laquelle, la partie Nord du boulevard de grande ceinture, fut baptisée, suivant le souhait de Léopold II, du nom du comte Paul de Smet de Naeyer. Il fut aussi le promoteur d’une politique de maisons ouvrières bon marché.

Il a été anobli comte par Léopold II, le 20 mai 1900.

Il décède à Bruxelles le 9 septembre 1913.

Pour la petite histoire, la marine belge a eu un voilier école du nom de « Comte de Smet de Naeyer ». Commandé en 1904 à un chantier écossais, il chavira trois fois. Les deux premières fois, en octobre 1904, dans le bassin du chantier lors du remplissage de ses réservoirs d’eau, puis quelques jours plus tard, après rupture des câbles lors des manœuvres de redressement. La troisième fois, le 19 avril 1906 dans le Golfe de Gascogne. Il sombra, entraînant son commandant et une partie de l’équipage dans le naufrage. (http://www.marinebelge.be/comte%20de%20smet.html) Le moins que l’on puisse dire, pour chavirer dans le bassin du chantier lors du remplissage des soutes, est qu’il devait y avoir un léger problème de conception…

L’ancien Beaulieu au coin du bd de Smet de Naeyer et de l’avenue Houba

Avenue Rommelaere

Sur un plan de 1870, l’actuelle avenue Rommelaere était le chemin de Laeken à Wemmel et portait le nom de Ijzelstraat. Elle est devenue la rue des Cailloux en 1913 et l’avenue Rommelaere en 1921. Mais les premières maisons apparurent en 1878 : ce sont les maisons en retrait, tout au bas de l’avenue, près de la rue Théophile de Baisieux :

source: Open Street Map

Guillaume Rommelaere est né à Gand en 1836. Il fut un des premiers professeurs de l’ULB, après y avoir été nommé chargé de cours en 1869. Il y créa un cours d’anatomie de texture initiant ainsi l’enseignement de l’histologie. Il fut également recteur de cette université de 1894 à 1896, président de la Faculté de Médecine, Secrétaire perpétuel de l’Académie Royale de Médecine (1883-1890).

avenue Houba-De Strooper

Mais qui était Houba ? Il s’appelait Louis. Il est né en 1852 à Resteigne et a grandi à Rochefort. A 17 ans, il commence une carrière militaire et en 1879, il épouse Anne De Strooper (1855-1927). En 1881, sous le maïorat de Emile Bockstael, il devient secrétaire communal, fonction qu’il exercera jusqu’à sa pension en 1912. Il participe activement avec E. Bockstael à la modernisation de Laeken voulue par Léopold II. Il décède à Ixelles en 1916.

L’avenue Houba-De Strooper a été voulue par Léopold II, comme le boulevard de Smet de Naeyer construit au même moment. Dans un premier temps, l’avenue s’arrête à hauteur de la rue du Heysel. La voici au début des années 1930, entre l’avenue Sobieski et les rues du Heysel et Reper-Vreven:

Avenue Houba (1931) entre Sobieski et Reper-Vreven (source: Bruciel)

L’avenue Houba commence dans le coin inférieur droit de la photo, où l’on voit un long terre-plein rectangulaire aux petits côtés arrondis, entre l’ovale du « square » Prince Léopold et la courbe du début de l’avenue Sobieski. Elle traverse ensuite le bd de Smet de Naeyer, dépasse le « V » constitué des rues de Laubespin à gauche et Stevens-Delannoy à droite, arrive à un rond-point où convergent les rues du Cloître, Félix Sterckx, Stuyvenberg et Salu, puis continue, sans arbre en son centre, jusqu’au croisement avec les rues du Heysel et Reper-Vreven. Jusqu’à la fin des années 1920, elle s’arrêtait là.

A la fin des années 1920, lorsque débute la construction du stade du Centenaire (actuel Stade Roi Baudouin), premier bâtiment de l’Expo de 1935 (qui devait se tenir initialement en 1930), on la prolonge jusque Wemmel où elle devient Limburg Stirum.

Avenue Houba (1931) de la Chaussée romaine à la rue du Heysel (source: Bruciel)

Le petit bois à gauche de l’avenue, devant le stade, est le futur Square Palfyn. Quelques maisons apparaissent, 6 en tout, preuve que les terrains bordant l’avenue au-delà de la rue du Heysel sont bien lotis mais les acquéreurs ne se pressent pas. Les rues entre l’avenue Houba et Brugmann ne sont pas encore tracées. Il faudra attendre les années ’50 et l’Expo 58 pour que cette partie du quartier se développe.

Le stade, dont la première pierre a été posée par le Bourgmestre Adolphe Max, le 4 octobre 1929, est inauguré par le Prince Léopold, futur Léopold III, le 14 septembre 1930. Au cours de cette cérémonie, Victor Boin, président de l’Association professionnelle belge des Journalistes sportifs, a prononcé une allocution. Vingt ans plus tard, on donnera son nom aux infrastructures sportives qui bordent actuellement l’avenue Houba, entre la rue du javelot et l’avenue de Bouchout.

En 1936, P. Dechamps installe sa Brasserie de la Couronne dans un immeuble de style art déco nouvellement construit au 286 de l’avenue Houba.

La Brasserie de la Couronne en 1936 et en 2019

 

L’avenue Houba en 1953,                          et en 1971:

  

Dès les années 1950, les arbres qui ornaient l’avenue sont abattus pour permettre à la reine Voiture d’occuper tout l’espace. L’étang « Palfyn » est comblé, le quartier se structure mais il est encore peu bâti. En 1971, la situation avait déjà considérablement évolué.

Square Jean Palfyn

Anciennement, le Square Palfyn était un étang, le Durrebroeck, qui collectait les eaux du versant s’étendant jusqu’à la chaussée romaine. Il donnait naissance au Heyselbeek qui longeait la rue du Heysel jusqu’à la Place St-Lambert où il alimentait un moulin, le slagmolen, après avoir récupéré les eaux d’un ruisselet venant du steenpoel (parc d’Ossegem). Il bifurquait alors au Sud pour alimenter l’étang du Square Clémentine et se jetait dans le Molenbeek à hauteur du Square Léopold. L’étang a été comblé après 1958.

La Fontaine de Neptune (dessin : architecte Charles Beyaert ; réalisation : sculpteur E. Fierens) qui se trouve en bordure de l’avenue Houba date de 1866. Elle a été érigée initialement Porte de Namur en l’honneur de Charles de Brouckère. Derrière, se trouve une autre sculpture, Le Semeur de Mathieu Desmaré.  (source : La Région de Bruxelles-Capitale, in collection Histoire et Patrimoine des Communes de Belgique, Racine, 2008 – p.535)

La fontaine a été démontée en 1957 lors du réaménagement de la Porte de Namur dans le cadre des travaux de l’Expo 1958. Elle a été entreposée jusqu’en 1978 et sa réinstallation au Square Palfijn. Les attributs des deux divinités marines ont disparu lors du démontage-entreposage. Le sommet du monument (ensemble de 3 putti) est l’œuvre de P.-L. Dunion. (source : Les fontaines racontent Bruxelles, Fabien De Roose, Racine, p. 97)

Histoire générale

Vieille histoire que celle de ce quartier. Le site était déjà occupé au début de notre ère car, en 1848, des vestiges d’une villa romaine (c’est-à-dire une exploitation agricole) ont été découverts. Elle se trouvait au-dessus de la Drève Ste-Anne, du côté de l’école européenne (ex-école des cadets) et du Jardin du Fleuriste (ex-Donderberg)

Il est possible que le hameau qui, plus tard, est apparu à l’emplacement du Primerose et de la rue du Heysel, et qui s’appelait Hosseghem Dries, ait son origine dans des dépendances de cette villa.

Plus tard, au XIIe siècle, la partie Nord du quartier (jusqu’à la chaussée romaine) faisait partie de l’alleu de Hosseghem, propriété de l’abbaye d’Affligem. Un « alleu » était une terre que l’on avait en pleine propriété, contrairement à un fief dont le propriétaire restait le Prince qui cédait la jouissance de la terre à un vassal, à charge pour ce dernier de fournir une aide militaire en cas de besoin.

L’abbaye avait acquis cette propriété en 1152 d’un certain Meinard, un bourgeois de Bruxelles. Dans le contrat de vente, il n’est pas question d’une ferme. Cela donne à penser que la ferme était en ruine ou en tout cas dans un état de délabrement qui ne justifiait pas une mention dans le contrat. Pourtant, elle sera reconstruite mais un peu plus bas, et sera à l’origine du hameau Hosseghem Dries, situé au début de la rue du Heysel, entre l’avenue Houba et la rue du Sansonnet..

Quelques années plus tard, l’abbaye de Nivelles, qui avait autorité sur le territoire de Laeken, cède à l’abbaye d’Affligem la dîme versée par les habitants à charge pour Affligem d’ériger une chapelle et d’en assurer le service religieux. Cette chapelle se trouvait au Nord de la ferme d’Ossegem qui constituait l’essentiel du hameau, approximativement où se trouvait l’ancien Méli. L’exploitation agricole, dont les terres couvraient tout le plateau, fut assurée par les moines jusqu’à la fin du XIIIe siècle, lorsqu’ils décidèrent d’affermer l’exploitation à des laïcs. Par contre, l’abbaye a continué l’exploitation de la carrière, le Steenpoel (correspond en gros au théâtre de verdure à l’étang du parc d’Ossegem), probablement déjà utilisée à l’époque de la villa romaine.

En 1331, les habitants du hameau de Laeken obtiennent le statut de Bruxellois, en d’autres termes ils seront dorénavant soumis à la juridiction de la Ville.

Au XVIe siècle, suite à la montée des eaux sous-jacentes dans la carrière, l’abbaye d’Affligem est contrainte d’en arrêter l’exploitation. Mais l’exploitation agricole est florissante et en 1618, la ferme d’Ossegem construit une dépendance au Verregat.

En 1705, lors de la construction du château de Rongé, au lieu-dit Tienbunders (Dix Bonniers), l’ancienne carrière de Steenpoel est incorporée au parc du château. Le parc est aménagé dans le style anglais, à la mode à l’époque, avec des dénivellations et des cascades. Le site de l’ancienne carrière s’y prête admirablement. De cette époque date également le boisement du parc.

En 1791, le fermier qui exploitait la ferme d’Ossegem disposait de 102 bonniers de terres, prairies et bois (soit un peu plus de 100 Ha) pour lesquels il devait un fermage de 1.648fl, 60 mudden (± 6m³) de froment et 14 d’avoine (+/-11m³). Tout ceci est à prendre avec des pincettes car les anciennes mesures variaient d’un endroit à l’autre et d’un produit à l’autre. Par exemple, un muid de froment avait une contenance égale à la moitié de celle d’un muid d’avoine.

Après leur victoire à Fleurus, le 26 juin 1794, contre les Autrichiens alliés aux Britanniques et aux Néerlandais, les Français occupent la totalité des Pays-Bas Autrichiens et les annexent à la Ière République française. Un an plus tard, le 31 août 1795, ils réorganisent réorganisent l’administration de leurs possessions : les provinces sont remplacées par des départements. Laeken est érigé en commune mais, à l’époque, son territoire ne comprenait pas l’Ouest du quartier (côté Brugmann) qui faisait partie de la commune de Jette.

Le 28 décembre 1797, les Autorités françaises confisquent la ferme, au motif qu’elle appartient à une institution religieuse, et la vendent à leur profit. La procédure laisse des traces écrites dont il ressort que la ferme, avec ses bâtiments, cour jardin et verger, s’étendait sur 4 Ha. Les bâtiments comprenaient un corps de logis avec 5 chambres et des caves, 2 écuries pour un total de 20 chevaux, une étable pour 32 bovins, une grange pour 6.000 gerbes ainsi qu’une remise à chariots. Le bien a été acquis par un certain F.J. Mauris pour la coquette somme de 1,25 million de Livres Françaises qu’il régla en assignats…

Laeken en 1811

Lors de la création du cadastre au XIXe siècle, la ferme d’Ossegem (matrice cadastrale n°157) appartient à Mathieu Goffin et s’étend sur plus de 65ha dont un tiers pour le corps de logis et ses dépendances. Le hameau comprenait 10 maisons et la maison rurale située près de l’actuel pavillon du COIB, appartenait, en 1834, à un cultivateur, Petrus Claessens. Son fils Henricus en héritera en 1854.

En 1840, un premier projet de réunification de Laeken à Bruxelles est lancé mais il capote devant l’opposition des habitants.

En 1859, la fille de Mathieu Goffin hérite du domaine et son mari, Charles Christian de Rongé, un riche négociant bruxellois, y fait construire un château qu’on appellera le château de Rongé.

En 1865, la maison rurale du hameau d’Ossegem est transformée et divisée en 6 petites maisons d’environ 50m² qui deviendront la propriété d’un menuisier, Johannes Van Bever-Polspoel Celui-ci occupe la plus grande maison et loue les autres. Différentes maisons sont construites, puis démolies et reconstruites jusqu’à ce que l’ensemble soit acquis par la commune en 1917 et démoli en 1918, avec toutes les maisons du côté septentrional de la rue.

Le 10 août 1903, une modification des limites communales repousse la frontière avec Jette jusqu’à l’actuelle avenue J.-B. Depaire.

En 1905, la Hosseghemstraet devient une partie de la rue du Heysel

En 1917, la commune de Laeken rachète l’ensemble des 6 maisons de l’ancienne maison rurale d’Ossegem et les démolit un an plus tard.

Le 30 mars 1921, la commune de Laeken cesse d’exister et son territoire est annexé par la Ville de Bruxelles. C’est après cette annexion que commence l’urbanisation du plateau.

Dans les années qui suivent, des rues sont tracées au Sud du hameau du Heysel, le Krayenblok, et des maisons se construisent en s’éloignant du hameau ancien de Hosseghem (rue du Heysel). Il s’agit des rues Reper-Vreven, Stevens-Delannoy, Emile Wauters, du Cloître, puis Stuyvenberg, de Laubespin, Salu et Gilson.

Le 20 avril 1925, la Ville de Bruxelles échange, avec Jette, le territoire en bordure Sud de l’avenue de l’Arbre Ballon contre le terrain où sera construit l’hôpital Brugmann.

En 1927, la Ville de Bruxelles acquiert le domaine de Rongé, tombé entre-temps dans l’escarcelle de Mme Bourgeois, épouse du baron Léon Janssen en vue des travaux de l’exposition universelle prévue en 1930 pour célébrer le centenaire de l’indépendance belge. Les bâtiments de la ferme sont démolis pour permettre la construction du stade du Centenaire.

Les travaux pour l’exposition universelle de 1935, et notamment, le stade du Centenaire (anciennement stade du Heysel et actuel Roi Baudouin) dont la construction est achevée en 1930, accélèrent le processus d’urbanisation. Lors de la construction du stade, des vestiges (canalisations et fondations) ont été mis au jour, peut-être d’une villa franque, mais les travaux de terrassement n’ont pas laissé le temps d’étudier le site.

Avant l’urbanisation, le Sud du hameau du Heysel était appelé Krayenblok (terre des corneilles). C’est sur cette terre que seront tracées les rues Félix Sterckx, Stevens-Delannoy, du Cloître, Laubespin, Salu et Stuyvenberg.

Au début des années 1930, commence l’urbanisation de la partie du Krayenblok au-delà de l’avenue Houba. Il en va partiellement de même pour le tronçon de la rue de Laubespin entre le boulevard et la rue Salu. La rue Gilson est tracée mais il n’y a qu’une seule maison. En plein milieu. Le reste ne sont que des champs.

Lors de l’Exposition universelle de 1935, le parc de Rongé (ex-Steenpoel) est ouvert au public et porte désormais la dénomination officielle de Parc d’Ossegem.

Avenue Houba-De Strooper au début des années 1930 (source: Bruciel)

Un quartier encore bien champêtre avec son stade du Centenaire fraîchement terminé tout en haut. En face du stade, le bouquet d’arbres au-dessus d’un ruisseau est le Square Palfyn. Puis à gauche, en-dessous, le triangle de l’hôpital Brugmann est bien visible, ainsi que tout en bas, l’ovale du « Square » Léopold. Dans le coin supérieur droit, l’ensemble boisé est le Parc d’Ossegem avec, en-dessous, le premier tronçon de l’avenue du Centenaire.

Le quartier Houba en 2015 (source: Bruciel)

à suivre…