Rue Ernest Salu

Ernest Salu. S’il est un personnage célèbre à Laeken, c’est bien lui. Oui, mais lequel ? Car il y en eut trois ! Trois sculpteurs réputés qui ont notamment orné une grande partie du cimetière de Laeken.

Il y eut d’abord Ernest Joseph Victor (1846-1923), puis son fils, Ernest II (1885-1980) et, enfin son petit-fils, Ernest III (1909-1987). Des monuments funéraires de personnalités comme Emile Bockstael ou Alphonse Balat (architecte de Léopold II, auteur, notamment, des serres de Laeken et du musée des beaux-arts, rue de la Régence) sont sortis de leur atelier, transformé en musée il y a quelques années. La rue est dédiée au premier Ernest.

E. SALU: tombe de Robert Avaert

La rue, quant à elle, a été tracée au tout début du XXe siècle mais il faut attendre 1914 pour voir les premières maisons : n°41 à 65. Dit autrement, le côté pair est encore des champs et le haut de la rue (partie Laubespin-Houba) ne présente aucune maison. Il y a donc le haut du bas du côté impair (vous me suivez?) qui est construit avec les demeures de A. de Valeriola, architecte-géomètre de profession, et, sans doute son frère, E. de Valeriola, de la S.A. belge « Bec Auer » (1) et fondé de pouvoir de la S.A. hollando-blege « Chaleur et Lumière ». Les de Valeriola ont comme voisine (n°65), Mme Veillat qui quitta rapidement la rue car en 1920, ce n° était habité par A. Naudts.

Lors de l’Expo de 1935, la rue s’est déjà bien étoffée. Le haut (entre de Laubespin et Houba) est pratiquement construit, mis à part les coins, ainsi que le côté impair entre Laubespin et le bd de Smet de Naeyer. Une boutique, exploitée par Edgard Plass, a été construite sur le coin (n°75-77). Le côté pair a vu également des maisons se construire de part et d’autre de la rue Gilson. Il ne reste plus grand-chose du côté champêtre de la rue. (Photo: Bruciel 1930)

En 1958, il ne reste presque plus de terrains à construire. La boutique du coin est devenue une épicerie, l’ « épicerie Brugmann, fruits et légumes ». Et plus loin, au n°114, coin rue Stuyvenberg, sur l’avenue Houba, une succursale Delhaize Le Lion a été ouverte (actuellement café « Le Belvédère »). Au n°61, A. de Valeriola, l’architecte-géomètre répond toujours présent. Il est là depuis 44 ans. Son frère ou cousin Em. de Valeriola a cédé la place à Y. Devaleriola, un médecin. (Photo Bruciel 1953)

Le tram 40 dans les années ’60
Le tram 18 après la prolongation du métro jusqu’au Heysel (1985)

La circulation se fait encore dans les deux sens et le parking ne semble être un problème…

Aujourd’hui, la rue Salu est une petite perle architecturale avec pas moins de 17 maisons reprises à l’inventaire du patrimoine architectural de la Région, dont, évidemment les n° 61 à 65.

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(1) Le « Bec Auer » est un bec de gaz utilisé pour l’éclairage mais qu’on a entouré d’une gaine textile combustible (je vous fais grâce de l’explication scientifique) qui accroît significativement l’éclat lumineux de la flamme.

(2) http://www.irismonument.be/fr.Bruxelles_Laeken.Rue_Ernest_Salu.23.html

sources :

L’almanach du commerce et de l’industrie édité par Rosez et Mertens jusqu’en 1969

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