Rue du Cloître

Il semble bien qu’il n’y ait jamais eu de cloître dans cette rue. Son nom viendrait de la proximité de l’école primaire et gardienne des Soeurs des Ecoles chrétiennes de Vorselaer (aujourd’hui Institut Maris Stella), rue Félix Sterckx où résidaient les sœurs enseignantes.

En 1907, l’Almanach du Commerce et de l’Industrie cite la rue du Cloître en précisant qu’elle commence rue Fransman, 602, et finit à Jette-St-Pierre sans davantage d’information sinon que des maisons sont en construction. A cette époque, cette portion de la rue Fransman ne s’appelait pas encore Emile Wauters et il y avait 609.949 habitants à Bruxelles et sa banlieue, c’est-à-dire la Région de Bruxelles-Capitale aujourd’hui.

A cette époque également, il était prévu de prolonger la rue du Cloître au-delà de l’avenue Houba, jusqu’à la rue Théophile de Baisieux, qui s’appelait rue du Moulin et était encore sur le territoire de Jette-St-Pierre.

On notera également qu’en 1907, la rue du Cloître commençait à la rue E. Wauters (anciennement Fransman). La portion Wauters-Sobieski apparaîtra plus tard. Ceci explique sans doute le léger décalage de l’alignement des maisons de la section Wauters-Houba par rapport à la section Sobieski-Wauters, léger décalage qu’un observateur attentif n’aura pas manqué de remarquer.

Rue du Cloître en 2018 (source: Bruciel)

En 1908, les premières constructions apparaissent (n° 92 à 98) mais elles ne sont pas encore occupées. Sont-elles encore en cours de construction ? A l’époque, l’avenue Sobieski s’appelait encore bd Bockstael : « Commence bd Emile Bockstael, finit aven. Houba de Strooper » nous dit l’Almanach.

Et le même Almanach du Commerce et de l’Industrie de 1909 nous donne les premiers habitants :

« 92 De Henffe (Mlles). rent.

94 Dohet H., représentant de commerce »

En 1910, les demoiselles De Henffe ont cédé la place à M. A. Vetter, un industriel. M. H. Dohet est toujours au n°94 mais il est devenu agent de commerce dont les bureaux se trouvent au 137, rue Stéphanie. Quant au n°98, il est occupé par M. J. Kreutz, un négociant.

En 1920, la rue est déjà un peu plus étoffée. L’Almanach y signale 16 maisons dont 13 sont occupées. Mais il faut se méfier. La liste de l’Almanach est trompeuse : elle ne reprend que les « notables », grands (industriels, négociants, magistrats, professions libérales, etc.) ou petits (instituteurs, employés, commerçants, …). Les ouvriers ne sont pas repris, comme les terrains vagues…

De cette époque, il reste les pavés (dont les avantages sur l’asphalte sont indéniables : inusables et casse-vitesse naturel), les façades qui valent le détour et une petite impasse à hauteur du n°19.

Rue du Cloître, l’impasse à hauteur du n°19

Les six petites maisons ouvrières de cette impasse datent de 1900 et sont reprises à l’Inventaire « Irismonument », tout comme l’hôtel de maître (1931, Beaux-Arts, Art Déco) qui fait le coin avec l’avenue Sobieski et dont le premier occupant fut un certain J. Kinnard, entrepreneur de travaux publics et privés nous dit l’Almanach.

Si vous aimez les ferronneries, allez jeter un coup d’oeuil au n°6. Cette maison date de 1914 :

6, rue du Cloître (source: Irismonument)

Au carrefour avec la rue Stevens-Delannoy, les deux immeubles de coin (n° 44 et 51), immeubles de rapport qui tranchent par leur gabarit avec le reste de la rue, datent également de 1914. Les châssis de fenêtre en aluminium brillant et les portes en plastic ne sont pas d’origine.

Rue du Cloître vers l’avenue Sobieski

Et ce ne sont pas les seuls édifices qui méritent un coup d’oeuil. Il y en a en tout une vingtaine.

Square Prince Léopold

Ce square d’une superficie de 2,2ha, outre d’être ovale (1), a également la caractéristique d’avoir été aménagé par l’architecte René Pechère en 1948 sur un collecteur construit pour évacuer les eaux usées vers le canal1.

Le square Prince Léopold en 1953 (source: Bruciel)

Vous ne connaissez pas le nom de René Pechère ? Possible, mais vous connaissez certainement certaines de ses œuvres.

René Pechère est un architecte paysagiste né à Ixelles le 12 février 1908 et décédé le 9 mai 2002. Selon Wikipédia, « il est l’auteur de plus de 900 jardins privés et publics en Belgique, en France, en Allemagne et aux Pays-Bas. » 

Il a participé à la création des jardins de l’Exposition Universelle de 1935 au Heysel et est le concepteur et le réalisateur des aménagements extérieurs de l’Expo 58. On lui doit notamment le célèbre Jardin des Quatre Saisons. Autres réalisations bien connues : les jardins de la cité administrative de l’État et du Botanique, le parc du Mont des Arts et de la Maison d’Erasme à Anderlecht.

Et ceci nous amène à parler du Molenbeek, non pas celui de St-Jean mais celui qui nous vient de Dilbeek. Vous ne voyez pas le rapport ? Le voici.

Le Molenbeek débordait fréquemment et était à l’origine de nombreux marécages, notamment ceux de Ganshoren. En 1897, Léopold II demande que l’on assainisse le quartier proche du domaine royal. Il est décidé de voûter la rivière et de créer deux bassins de retenue et un collecteur pour évacuer les eaux polluées vers le canal de Willebroeck. Les travaux ont lieu en deux temps : de 1904 à 1907 et de 1948 à 1958. Et c’est à l’occasion de cette deuxième tranche de travaux que René Pechère est intervenu.

Et si vous souhaitez en savoir plus sur le Molenbeek, c’est ici

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(1) Il n’est pas rare d’avoir des squares ronds en Belgique. Pensez au « square Pouchkine » bd Bockstael, ou au « square Montgommery »

1source : Bruxelles (Laeken, Neder-Over-Hembeek, Haeren), Guides CFC-Editions, 2005, p. 45

Le Molenbeek


Le Molenbeek (aussi appelé Dilbeek ou Pontbeek suivant les tronçons) prend sa source au pied du versant nord de l’Eikelenberg à Dilbeek, à la limite de Berchem, près du cimetière.

source : https://www.openstreetmap.org/#map=16/50.8592/4.2815

Il longe ensuite les limites de Grand-Bigard :

Puis, il passe en souterrain sous le chemin de fer et le début (ou la fin, cela dépend d’où vous venez) de la E40, continue en longeant la limite entre Zellik (où il donne son non à la Pontbeekstraat) et Ganshoren, et réapparaît au grand air pour marquer la limite entre Zellik et Ganshoren.

Il continue ensuite entre le bois du Laarbeek et du Poelbos au nord et les marais de Ganshoren au sud, traverse l’avenue de l’Exposition universelle, …

… agrémente le parc Roi Baudouin, disparaît à nouveau sous terre à hauteur du Collège du Sacré-Coeur, traverse le Parc de la Jeunesse, le Square Prince Léopold, où il récupère les eaux du Heizelbeek (*) dont le cours naturel est perturbé par le tunnel du métro construit dans l’axe de l’avenue Houba (est-ce la raison de cette eau qui percole tout au long de l’année à l’emplacement de la taque d’égout juste après le carrefour?). Le Molenbeek poursuit ensuite le long de la rue Ramaekers vers le Square Prince Charles (avenue des Artistes)…

… où il alimente l’étang, traverse l’avenue du Parc Royal, alimente l’étang du Molenbeek dans le domaine royal puis se jette dans le canal avant le pont Van Praet.

Le cours du Molenbeek est bien visible sur cette carte extraite de l’atlas de Ferraris réalisé en 1777. Il commence dans le coin inférieur gauche et remonte vers la droite.

(*) Avant l’urbanisation, le Heizelbeek descendait le plateau du Heizel, formait les étangs de l’actuel Square Palfijn, continuait vers l’Est le long de la rue du Heizel jusqu’à l’avenue Sobieski où son cours changeait de cap pour partir vers le Sud et rejoindre le Molenbeek.

Rue Ernest Salu

Ernest Salu. S’il est un personnage célèbre à Laeken, c’est bien lui. Oui, mais lequel ? Car il y en eut trois ! Trois sculpteurs réputés qui ont notamment orné une grande partie du cimetière de Laeken.

Il y eut d’abord Ernest Joseph Victor (1846-1923), puis son fils, Ernest II (1885-1980) et, enfin son petit-fils, Ernest III (1909-1987). Des monuments funéraires de personnalités comme Emile Bockstael ou Alphonse Balat (architecte de Léopold II, auteur, notamment, des serres de Laeken et du musée des beaux-arts, rue de la Régence) sont sortis de leur atelier, transformé en musée il y a quelques années. La rue est dédiée au premier Ernest.

E. SALU: tombe de Robert Avaert

La rue, quant à elle, a été tracée au tout début du XXe siècle mais il faut attendre 1914 pour voir les premières maisons : n°41 à 65. Dit autrement, le côté pair est encore des champs et le haut de la rue (partie Laubespin-Houba) ne présente aucune maison. Il y a donc le haut du bas du côté impair (vous me suivez?) qui est construit avec les demeures de A. de Valeriola, architecte-géomètre de profession, et, sans doute son frère, E. de Valeriola, de la S.A. belge « Bec Auer » (1) et fondé de pouvoir de la S.A. hollando-blege « Chaleur et Lumière ». Les de Valeriola ont comme voisine (n°65), Mme Veillat qui quitta rapidement la rue car en 1920, ce n° était habité par A. Naudts.

Lors de l’Expo de 1935, la rue s’est déjà bien étoffée. Le haut (entre de Laubespin et Houba) est pratiquement construit, mis à part les coins, ainsi que le côté impair entre Laubespin et le bd de Smet de Naeyer. Une boutique, exploitée par Edgard Plass, a été construite sur le coin (n°75-77). Le côté pair a vu également des maisons se construire de part et d’autre de la rue Gilson. Il ne reste plus grand-chose du côté champêtre de la rue. (Photo: Bruciel 1930)

En 1958, il ne reste presque plus de terrains à construire. La boutique du coin est devenue une épicerie, l’ « épicerie Brugmann, fruits et légumes ». Et plus loin, au n°114, coin rue Stuyvenberg, sur l’avenue Houba, une succursale Delhaize Le Lion a été ouverte (actuellement café « Le Belvédère »). Au n°61, A. de Valeriola, l’architecte-géomètre répond toujours présent. Il est là depuis 44 ans. Son frère ou cousin Em. de Valeriola a cédé la place à Y. Devaleriola, un médecin. (Photo Bruciel 1953)

Le tram 40 dans les années ’60

Le tram 18 après la prolongation du métro jusqu’au Heysel (1985)

La circulation se fait encore dans les deux sens et le parking ne semble être un problème…

Aujourd’hui, la rue Salu est une petite perle architecturale avec pas moins de 17 maisons reprises à l’inventaire du patrimoine architectural de la Région, dont, évidemment les n° 61 à 65.

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(1) Le « Bec Auer » est un bec de gaz utilisé pour l’éclairage mais qu’on a entouré d’une gaine textile combustible (je vous fais grâce de l’explication scientifique) qui accroît significativement l’éclat lumineux de la flamme.

(2) http://www.irismonument.be/fr.Bruxelles_Laeken.Rue_Ernest_Salu.23.html

sources :

L’almanach du commerce et de l’industrie édité par Rosez et Mertens jusqu’en 1969

Rue de Laubespin

La rue fut tracée en 1906 mais il faut attendre 1919 pour voir apparaître la première maison, le n°13, et encore deux ans pour qu’elle soit occupée (1921). Ce premier habitant de la rue est un certain M. Charles Morren, agent de change. Déjà ! Il est rejoint l’année suivante par F. Maes, représentant de commerce. Deux nouvelles maisons, les n°s 27 et 33 apparaissent en 1925. Puis, en 1927, la rue s’enrichit, toujours du côté impair, de trois nouvelles maisons (nos 7, 9 et 11). (1)

Cette photo date de 1930-35 (source: Bruciel)

Saviez-vous que le haut de la rue a connu deux lignes de tram ? (4)

Tout d’abord, la ligne 89.

Le 2 novembre 1906, la Société des Chemins de Fer Économiques qui exploitait les « trams chocolats » comme on les avait surnommés en référence à leur livrée blanche et brune, ouvre une nouvelle ligne, Bourse – Gare Maritime. Moins de deux ans plus tard, elle est prolongée jusqu’à la place communale de Laeken.

En 1928, lors de la fusion des réseaux trams Chocolats et Tramways bruxellois, la ligne Bourse – Laeken reçoit le n°89 et le 27 avril 1935, à l’occasion de l’Exposition Universelle, son itinéraire est prolongé jusqu’à l’avenue Houba de Strooper. De la place Bockstael à la rue Hubert, son itinéraire est identique à celui de la ligne 88 mais arrivé à l’avenue Masoin, il bifurque à droite par l’avenue Rommelaere, l’avenue Stiénon et le Square Palfijn, terminus toujours utilisé pour les lignes 51 et 93.

Cette ligne a été supprimée le 1er mars 1960.

L’autre ligne est la 88.

Le 18 juin 1923, la ligne CFE Bourse-rue Steyls, créée le 16 juillet 1908, est prolongée jusqu’à l’Hôpital de Bruxelles (Brugmann) par le trajet rue Delva – Square Pince Léopold – rue Laumans – rue Salu – rue de Laubespin – rue Eugène Hubert – avenue Ernest Masoin – Place Arthur Van Gehuchten.

Le 24 mai 1928, suite à la fusion des réseaux de la Société des Chemins de Fer Économiques et de la Société des Tramways Bruxellois, ancêtre de la STIB, la ligne Bourse – Hôpital de Bruxelles reçoit le n°88. Elle sera supprimée le 9 janvier 1968.

Mais d’où vient ce nom « de Laubespin »?

Voici l’histoire.

Tout commence avec Jean d’Orjo, seigneur de Freyr en 1378.

ou si vous préférez une photo plus récente:

Ce brave homme a deux fils, Jean et Gilles. Ce dernier a une fille qui devient dame de Freyr. Avant de décéder en 1457, elle épouse en 1423, Jacques de Spontin qui devient de ce fait également seigneur de Freyr. Vous sautez, en tout bien tout honneur, quelques descendants de Jacques de Spontin (les passionnés du bottin mondain pourront trouver tous les détails ici) et vous arrivez à Frédéric Auguste.

Selon Wikipedia, Frédéric Auguste Alexandre de Beaufort-Spontin (1751-1817), comte de Beaufort, marquis de Spontin et Florennes, marquis de Beaufort-Spontin, devint duc dans les Pays-Bas autrichiens en 1782, puis comte d’Empire en 1789. « Il était le chambellan de l’archiduc Charles d’Autriche à Bruxelles, et gouverneur général des Pays-Bas au nom de la Sixième Coalition en 1814. Il fut aussi président du Conseil Privé, chambellan et grand maréchal à la cour du roi Guillaume Ier des Pays-Bas ». Bref, c’était pas de la crotte.

Le 1er octobre 1807, il épouse en secondes noces rien moins que Ernestine Margarete zu Starhemberg (1782-1852), la petite-fille de Georges Adam zu Stahremberg. Personnage important pour Bruxelles puisqu’il fut nommé par Joseph II ministre plénipotentiaire auprès de notre Gouverneur Général Charles de Lorraine. A ce poste, il joua un rôle important dans le réaménagement du quartier de la Place Royale resté à l’état de ruines après l’incendie du palais des Ducs de Brabant en février 1731 (Pour tout savoir sur l’histoire de ce quartier, une visite au site archéologique « Palais de Coudenberg » s’impose).

Le couple Starhemberg-Beaufort-Spontin eut quatre enfants, dont Marie Hermengilde (1813-1880), l’héritière du château de Freyr.

Vous aurez compris que c’est Marie Hermengilde, aussi connue sous le nom de Comtesse Gilda de Beaufort-Spontin qui nous intéresse ici car c’est elle qui a épousé le Comte Charles Marie Camille de Laubespin.

Nous y voilà !

Mais qui étaient ces de Laubespin ?

Le premier personnage connu est un Guillaume de Laubespin, témoin d’une donation en 1131.

Il avait un coin de terre en Bourgogne. Ce lopin est devenu comté, puis marquisat. Selon Geneanet, le premier marquis de Laubespin fut Charles Achille Mouchet de Battefort, né à Poligny (Jura) en 1620 et décédé au même endroit en 1703.

Toujours grâce à Généanet, bien des Mouchet plus tard, nous trouvons Amour-Fortuné-Marie-Charles Mouchet de Battefort de Laubespin (1764-1849), cinquième marquis de Laubespin, qui épousa le 30 juillet 1803, oh bonheur !, Félicité de Lévis Mirepoix (Paris, 23/12/1779; Freyr, 1839), fille de Henri Charles Philibert de Lévis Mirepoix, comte de Mirepoix (1753-1794). Dingue !

Dingue, certes, mais l’avenue de Levis Mirepoix est à Jette, donc hors de notre propos auquel nous revenons pour vous dire que parmi les enfants issus du couple Amour-Fortuné et Félicité, il y a Charles Marie Camille Mouchet de Battefort de Laubespin (1812-1876), qui épousa le 5 juillet 1836 Marie Hermengilde de Beaufort-Spontin (1813-1880) dont question ci-dessus. Et au passage vous avez la réponse à la question que vous vous êtes sûrement posés : Comment se fait-il que Félicité décède au château de Freyr ? Tout simplement, elle était auprès de son fils et de sa belle-fille, héritière de Freyr. Si vous souhaitez savoir à quoi ressemblait le couple, vous pouvez faire un petit tour sur le site du château de Freyr.

Et nous arrivons maintenant à la rue. Le petit-fils de Charles Mouchet de Battefort de Laubespin et de Marie de Beaufort-Spontin, Humbert de Laubespin (1881-1925), après des études à Namur et l’ ULB, devint ministre plénipotentiaire. En poste à Luxembourg après la première guerre mondiale, il y négocia, en 1921, l’Union Économique Belgo-luxembourgeoise (3). Lorsque du 13 au 16 mai 1922, d’importantes festivités furent organisées à Bruxelles (2) pour célébrer cette Union, on pensa tout naturellement à Humbert, comte de Laubespin, pour assurer la présidence d’honneur du comité organisateur de ces festivités. (1)

Il reste cependant un doute : lorsque la rue est tracée en 1906, Humbert n’avait que 25 ans et aucun état de service justifiant de voir son nom donné à une rue. Mais c’est dans cette direction là qu’il faut chercher… Peut-être, la rue ne reçut-elle son nom que plus tard, bien après avoir été tracée sur un plan.

Extrait du guide Baedeker de 1910

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(1) source: Almanach du commerce à Bruxelles, AVB

(2) Ces festivités furent organisées avec le concours de la musique du 1er régiment des Grenadiers qui faisait partie de la 6e Division d’Armée commandée par le Général-Baron de Ceuninck (voir ce nom)

(3) Pour la « petite » histoire, le Duché de Luxembourg à l’époque des Pays-Bas autrichiens s’étendait sur les territoires de l’actuelle province de Luxembourg, une partie de la province de Liège, le Grand-Duché et le nord des départements français de la Meuse, de Meurthe et Moselle et de Moselle. Lors des négociations qui ont conduit en 1839 au Traité des XXIV Articles qui consacrait la reconnaissance internationale de l’indépendance de la Belgique, le duché a été scindé en duché de Luxembourg rattaché à la Belgique et en Grand-Duché de Luxembourg, en principe indépendant mais intégré en réalité à la Confédération Germanique dominée par la Prusse. En 1842, dès sa création, le Zollverein, accord douanier préfigurant l’empire allemand, intégra le Grand-Duché. En 1919, le Grand-Duché devint indépendant et chercha des partenaires économiques. La France ayant refusé de jouer le jeu, les Luxembourgeois se tournèrent vers la Belgique. Il semblerait que les négociations furent âpres. Humbert de Laubespin qui les mena pour le compte de la Belgique y gagna sa notoriété. Et une rue.

(4) source : Historique des lignes des tramways bruxellois, MUPDOFER 2002

note: si vous aimez les plans, vous pouvez aller faire un tour ici

(dernière révision: mai 2019)

Rue Reper-Vreven

L’origine de la rue Reper-Vreven est une construction, la seule existant au XVIIIe siècle près de l’actuelle église St-Lambert (qui n’existait pas à l’époque). Cette construction, agrandie et transformée en 3 maisons en 1893, servira d’alignement pour le tracé de la rue qui reprend le tracé de l’ancien chemin vicinal appelé « Rue de la Cave » et qui disparaîtra en 1906 (1).

Rue Reper-Vreven 1935 (source: Bruciel)

En 1921, le terrain à l’Ouest de la rue, entre la rue du Heysel et l’avenue Houba est occupé par une usine hydraulique, puis, jusqu’en 1977, par les bureaux de la CIBE. L’emplacement exact n’est pas encore défini mais l’enquête continue.

En attendant, sachez que l’athénée existait déjà au moins en 1874, sinon déjà en 1866, car son nom est repris dans la liste des établissements scolaires cotisant à la « Caisse de prévoyance pour les professeurs et instituteurs urbains» (2). Il ne s’appelait pas encore « Athénée Emile Bockstael », et pour cause, mais « Athénée rue Reper-Vreven ».(1)

Mais qui était donc ce Reper-Vreven ? C’était un brave Bruxellois, né à Bruxelles 18 août 1854 et décédé à Laeken le 29 août 1920. Entre ces deux dates, il épousa à Hasselt, Mlle Marie-Elisabeth Vreven, née à Hasselt le 31 octobre 1852. Elle rendit son dernier soupir en 1935. Mais il fut aussi dès 1889 membre du « Bureau de Bienfaisance » de Laeken, avant d’en être l’ordonnateur puis le président. Fonction dont il démissionna en 1919 pour raison de santé. (1)

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Sources :

(1 ) Daniel VAN KRIEKINGEN : Essai de toponymie de Laeken

(2) AVB – Localisation archive : AVB IP II 401 (Bâtiment principal/Etage 4 34A) – Caisse de prévoyance pour les professeurs et instituteurs urbains, retenues sur traitements, 1866 à 1874; Athénée Ad. Max; Athénée rue Reper Vreven, Lycée Jacqmain, Athénée L. Lepage, Lycée L-E Carter, Lycée H. Dachsbeck, Athénée R. Catteau: attributions, année scolaire 1866-67.

Boulevard du Centenaire

Tracé en perspective de l’exposition universelle de 1935, il relie la place du Centenaire (anciennement place de Belgique) à la place Saint-Lambert. En 1935, seul le premier tronçon (place St-Lambert – avenue du Gros Tilleul) est tracé.

Le bd du Centenaire lors des travaux de l’expo de 1935 (source: Bruciel). La palais 5 en construction en haut et la villa Vanderborght en bas, partiellement cachée par les arbres.

Le « château » ou « campagne » Vanderborght (demeure de plaisance d’un Bruxellois) était situé en bordure du boulevard du Centenaire, sur le côté droit, au nord du parking au bas de l’avenue. Ce « château » a été démoli en 1956, lors des travaux de l’Expo 58. On le voit encore distinctement sur la photo ci-dessous qui date de 1930. L’église St-Lambert ainsi que le début de la rue du Heysel sont bien visibles dans le coin inférieur gauche.

Bd du Centenaire-villa Vanderborght (source: Bruciel)

Ce domaine avait été acquis par Léopold II qui y logea son amie Blanche Delacroix, baronne Vaughan. Il la retrouvait par un pont métallique reliant la « campagne Vanderborght » au domaine royal. N’est-ce pas romantique !

La localisation de ce pont, qui a disparu aujourd’hui, n’est pas aisée. Et d’autant moins que la voirie qu’il surplombait a, elle aussi, disparu, ou du moins a considérablement changé. Mais les cartes postales peuvent nous aider. Ainsi, une carte de la collection Belfius nous montre le pont avec, dans le fond, une rangée de façades. Ces façades correspondent aux maisons de la place St-Lambert.

La dernière image, à droite, nous montre une ligne de tram. Cette ligne, considérablement modifiée, existe toujours: y passent aujourd’hui les trams 7 et 19 en direction de de Wand.

Si vous allez vous promener de ce côté là, partez de l’arrêt de tram, longez les voies par le chemin qui mène au parc de Laeken. A mi-chemin, vous vous trouverez à peu près à l’emplacement de cette passerelle et vous verrez les maisons figurant sur la photo.

Square Princesse Clémentine

Bien connu sous le nom de « étang aux canards », le Square Princesse Clémentine fut baptisé ainsi en l’honneur de la deuxième fille de Léopold II. Il n’est pas fortuit que la rue Emile Wauters, ainsi nommée en l’honneur d’un peintre qui réalisa le plus connu des portrait de la Princesse, parte de là vers l’église St-Lambert.

La fontaine avec monument qui décore la pelouse entre l’étang et l’avenue Houba a été érigée en hommage à Emile Bockstael, dernier bourgmestre de Laeken. Ce monument a été dessiné par l’architecte Jean Rombaux et réalisé par le sculpteur Ernest Salu II. (1)

En mars 1921, le Parlement vote l’annexion de Laeken, Neder et Haren à Bruxelles. Le 2 décembre 1929, la Ville de Bruxelles décida d’ériger un monument pour honorer la mémoire du dernier bourgmestre de Laeken (décédé en 1920), Emile Bockstael dont la conduite pendant la guerre fut aussi héroïque que celle de son collègue de Bruxelles. Bockstael était Montois d’origine et ingénieur. (2)

Le Square Princesse Clémentine (source: Bruciel)

 

en 1930                                                      et en 2015

Le square a disparu, il ne reste que le petit triangle au bas de la photo. Par contre, nous avons gagné la statue à la mémoire d’Emile Bockstael. Les trams ont disparu aussi bien sur l’avenue Houba que sur l’avenue Sobieski (ex- bd Bockstael)

Bruciel: Collection Belfius Banque-Académie royale de Belgique © ARB-SPRB © ARB-SPRB – Contact: SPRB – Centre de Documentation BDU

Le square en 1912. Au premier plan, la fin de bd de Smet de Naeyer et le début du pont colonial.

Le début de la rue Pierre Strauwen, dans le fond, est déjà construit avec la Pharmacie du Stuyvenberg et le café Night and Day. En 1912, selon l’Almanach du Commerce et de l’Industrie, ce café était déjà une brasserie tenue par Georges Hack, d’où le nom: Brasserie Georges.

source: Bruciel – coll. Belfius

Pour la pharmacie, c’est un peu plus compliqué, la rue ayant changé de nom. Elle s’appelait auparavant rue Fransman et allait de la rue Léopold Ier à la place St-Lambert. En tout cas, le bâtiment existait déjà avant 1920 et était, déjà, une pharmacie comme le montre la photo du square dans l’axe de l’avenue Houba, avec, dans le fond, le tram « H ». L’Almanach ne connaît pas la rue Alfred Stevens avant 1949. A cette époque, la pharmacie était tenue par O. Delatte. Sans doute la rue portait-elle un autre nom.

 

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sources:

(1) La Région de Bruxelles-Capitale, in collection Histoire et Patrimoine des Communes de Belgique, Racine, 2008 – p.535

(2) Les fontaines racontent Bruxelles, Fabien De Roose, Racine, p. 98

Rue Alphonse Wauters

Alphonse Wauters fit ses débuts à l’Etablissement géographique de Bruxelles de Philippe Vandermaelen, établissement de renommée mondiale au XIXe siècle. Puis, il devint directeur des Archives de la Ville de Bruxelles. Son ouvrage le plus connu fut « Histoire civile, politique et monumentale de la ville de Bruxelles » en collaboration avec Alexandre Henne

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sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Alphonse_Wauters

Rue Emile Wauters

Emile Wauters est un peintre, né le 19 novembre 1846 à Bruxelles. Son père, Jules Wauters, était greffier à la Cour de Cassation à Bruxelles et son oncle n’est autre que Alphonse Wauters bien connu des férus d’histoire de Bruxelles (Voir la fiche « rue Alphonse Wauters »).

Il est l’auteur de tableaux grandioses qui lui valurent de décorer des panneaux de l’escalier des lions à l’hôtel de ville : « Marie de Bourgogne jurant de respecter les privilèges de la commune » et « Les Bruxellois en armes réclamant la Charte au duc Jean IV de Brabant ». Parmi ses œuvres historiques, on peut également citer « La Folie de Hugo van der Goes » ou encore « Sobieski et son état-major à Kahlenberg, devant Vienne assiégée » (voir : avenue Sobieski), œuvres qui font partie des collections des Musées royaux des beaux-arts de Belgique.

En 1881, suivant la mode et la demande du public pour les « panoramas », Wauters peint « Le Caire et les rives du Nil » qui connaît un succès extraordinaire à Bruxelles, Munich et La Haye. Devenu propriété de l’État belge, il est exposé installé dans le pavillon mauresque (Parc du Cinquantenaire, actuellement grande mosquée), spécialement construit pour l’abriter. Si l’on en croit La Libre Belgique du 25 septembre 2017, il a mystérieusement disparu (Christophe Lamfalussy, « La toujours mystérieuse disparition du « Panorama du Caire » »)

Il s’installe à Paris en 1890 et se spécialise dans le portrait sans pour autant délaisser la peinture historique qui l’a fait connaître. Il réalisera notamment un portrait de la princesse Clémentine que vous pouvez admirer (le tableau, la princesse étant décédée en 1955) aux Musées royaux des beaux-arts de Belgique ou sur la fiche « Square Princesse Clémentine« .

Il décède le 11 décembre 1933 à Paris.

Et si ce style de peinture vous intéresse, vous pouvez aussi vous rendre au Musée Charlier, à quelques pas de la place Madou : Lors de la transformation de la maison du sculpteur Guillaume Charlier en musée, Wauters donna à ce nouveau musée ses études, esquisses, dessins et quelques portraits (dont celui d’une cantatrice bien connue à l’époque pour sa pêche, Nellie Melba).

 

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sources :

Les noms des rues de Laeken, Ph. Genaert, 1991

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89mile_Wauters